Revue de presse

Bernard Paquet - La formation et les expositions
Gérard Papin est sculpteur. Avec ses premiers modelages de terre glaise réalisés en 1981, il commença à explorer certaines avenues de la création artistique. C'est ainsi qu'en 1993, il intégra les rangs des créateurs de l'Atelier 213, à Laval, afin d'affiner sa technique de reproduction tridimensionnelle. Cela lui donnera l'occasion d'apprendre à façonner des moules, de fabriquer ses premières pièces en résine coulée et, enfin, d'étudier le procédé d'objets obtenus par couches successives de résine. En 1994, la production s'accélère. Dans un premier temps, il suit un cours sur le bronze avec l'artiste Francine Laurin et crée quatre oeuvres originales. Dans un deuxième temps, l'année suivante, il moule sept bronzes et s'initie à la sculpture sur bijoux à l'École des Beaux Arts du centre Saidye Bronfman. En dernier lieu, il approfondit ses connaissances sur la technique du bronze, toujours à l'Atelier 213 de Laval.

De pair avec son travail, il montre ses oeuvres lors de l'exposition de l'École des Beaux-Arts du centre Saidye Bronfman au printemps 1996. Ensuite, en 1997, il participe à trois autres expositions: une première au Centre culturel de Blainville, une deuxième au Mont-Saint-Sauveur et la dernière, avec l'atelier du frère Jérôme, au Belgo, édifice incontournable pour l'art.

L'oeuvre

La qualité du mouvement est sans aucun doute ce qui caractérise avant toute chose les sculptures de Gérard Papin. À contre-courant du statisme que l'on observe trop souvent dans les sculptures de différents artistes, ses personnages affichent un dynamisme et une gestuelle qui empruntent leur charme aux circonvolutions des acrobates de cirque comme aux gracieuses arabesques des danseuses de Bali. En animant ainsi les sculptures, Gérard Papin s'assure, d'une façon efficace, du double et fertile fonctionnement de ses oeuvres. Le rendu de l'anatomie ou le souci de la ressemblance figurative s'accompagnent, en effet, d'un pur jeu de formes qui ouvre une dimension autre que la simple représentation d'un corps. Par un tel choix, l'artiste transcende la considération anatomique en une eurythmie faisant la marque de l'oeuvre.

Dans son travail représentant un cheval en mouvement ou une ballerine rappelant celles de Degas, on remarque également une surface qui dévoile les traces de ses interventions manuelles. Tout comme le mouvement, cette texture ajoute un caractère esthétique à la figuration. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer une de ses sculptures en bronze représentant une tête d'homme. L'empreinte de son doigté marquée par le relief donne à la masse un aspect brut et volontaire qui est le pendant du caractère visiblement affirmé du personnage représenté.

Il en va de même pour l'art de Gérard Papin en général: affirmé, volontaire et, de surcroît, humaniste. Son travail de création est le résultat d'un authentique don de la main où l'esprit cristallise les grands thèmes de la création artistique. Le corps, le visage, l'arlequin ou la Piéta traduisent tous, sous leurs patines, une appréhension de l'âme humaine, sensible et expressive.

Bernard Paquet,
critique d'art,
octobre 1997